Bonjour,
Mon père est décédé l’année dernière et avait rédigé un testament datant de 1999 qui s’est appliqué lors de sa succession. Dans ce testament figurait le logement familial (dont il était l’unique propriétaire) dont la nue-propriété était léguée pour moitié à ses deux enfants, nés de son unique union. En 2017, mes parents ont signé un aménagement de leur régime matrimonial (séparation de biens), avec constitution d’une société d’acquêts pour le logement familial. Le logement familial a ainsi été exclu de la succession de mon père. Ma mère est décédée, il y a peu en 2023, et a vendu préalablement à son décès, ce logement familial en viager.
Ma question est la suivante : est-il possible d’annuler l’acte modificatif du contrat de mariage (et ainsi la vente en viager) et faire appliquer le testament de 1999, car celui-ci n’aurait pas été révoqué selon les formes de l’article 1035 du code civil ?
En effet l’acte modificatif du contrat de mariage n’a été passé que devant un notaire. Or, la révocation expresse d’un testament ne peut résulter, selon l’article 1035 du code civil, que par un testament postérieur ou par un acte devant notaires (au pluriel, soit à minima 2) portant déclaration du changement de volonté.
La Cour de Cassation s’est prononcée en ce sens, et a annulé des donations. J’ai bien conscience qu’un avantage matrimonial n’est pas une donation. Mais peut-on appliquer la même logique ? Et si tel n’était pas le cas, quelle est la base juridique de la révocation d’un testament antérieur par modification du contrat de mariage ?